VIETNAM VLOG #9: Can Tho et Saigon (part 2).

Ouuuuuuiiiiiii! Je sais, ça fait plus d’un an que je suis partie! Mais je n’aurais jamais imaginé avoir autant d’images et filmé autant que ça. Du coup, ça m’a donné un vrai travail de titan et j’ai préféré étaler ça sur le temps plutôt que de vous bombarder avec plein d’articles et de vlogs de là-bas sur le blog pendant 2 mois non-stop. Et puis ça me permet aussi d’y revenir, de me rappeler de beaux souvenirs que j’avais déjà oublié… Quoi qu’il en soit, pour celles qui sont plus intéressées par la section « beauté » ou « adresses belges », je vous rassure: c’est le dernier vlog du Vietnam!

Can Tho marché flottant, Vietnam / Pic by 1FDLE.

// Le vlog est en toute fin d’article si jamais vous voulez passez directement à la vidéo…//

Pour cette dernière partie, après une nuit passée sur le pot grâce au restaurant de la veille, un long trajet en camionnette auquel j’ai survécu grâce à mon Immodium Instant (à chaque fois que j’y repense, je pourrais me prosterner devant l’inventeur de ce truc!), nous arrivons à Can Tho dans le but d’y voir un marché flottant. Grosse surprise quand je vois qu’il y fait excessivement calme, que les rues ne sont pas assaillies de mobylettes (comparé à ici, oui mais comparé à Hanoï ou Huê, ça relevait du miracle) et que je peux entendre les gens sans un bruit de fond constant (mélange entre klaxons, bruits de moteur et musique vietnamienne à fond les ballons).

Le lendemain de notre arrivée, lever aux aurores et embarcation vers 6h30-7h sur un bateau (en priant pour que mon estomac soit sur la voie de la tranquillité…). Le marché est intéressant à voir mais comme je le dis dans le vlog… Et c’est assez ironique en parlant de ça au Vietnam… Mais je m’attendais à plus d’effervescence. C’était très calme, fort même. Le marché était bien là mais je voulais des gens qui s’engueulent sur le prix de l’ananas, plein de petits bateaux avec du phó ou autres plats à vendre, des vendeurs qui se disputent un client… Je ne me plains pas, pour une fois que le Vietnam montrait un côté calme… Mais alors que j’étais prête à embrasser le feu d’un marché vibrant, j’ai été fortement calmée.

Can Tho marché flottant, Vietnam / Pic by 1FDLE.

Première étape dans une fabrique de pâte de riz (et pâteS aussi) et ses « dérives ». De la pâte pour rouleaux de printemps aux vermicelles frites, il y avait toutes les déclinaisons possible. Vous verrez d’ailleurs la version vietnamienne de la pizza… C’est costaud!

Visite d’une fabrique de pâte de riz, Can Tho, Vietnam / Pic by 1FDLE.

Visite d’une fabrique de pâte de riz, Can Tho, Vietnam / Pic by 1FDLE.

Avant de rentrer, nous allons aussi visiter une plantation de fruits de la région qui se trouve au bord du Delta du Mékong. C’est très agréable, calme et on y découvre beaucoup de fruits que l’on a plus l’habitude de voir dans son assiette que dans leur habitat naturel. Mention spéciale à ces foutues orchidées auxquelles je dois tant faire attention en Belgique et qui poussent n’importe comment là-bas d’ailleurs.

Can Tho, Vietnam / Pic by 1FDLE.

Can Tho, Vietnam / Pic by 1FDLE.

Le jour de notre retour vers Saigon, nous faisons un détour vers la Congrégation des Aimantes de la Croix. Mon oncle (Dr. Toan Khuc, qui a été notre guide) est chirurgien pédiatrique et d’origine vietnamienne. Il y est souvent retourné afin de mieux former les médecins vietnamiens aux nouvelles techniques. De fil en aiguille (hahahaha! Gros jeu de mots là hein! Ok, j’arrête avec mon humour lourd…), lui , ainsi que d’autres membres de l’ASBL (Alain Carlier, chirurgien spécialiste de la main. Françoise Huick et Bernard Finet, dentistes. Bernadette Finet Salpeteur, infirmière en salle. Nancy Gueben.) ont réussi à mettre en place un superbe projet de dispensaire au sein de la Congrégation. Nous avons donc pu visiter le dispensaire lorsque les visites étaient finies. Leur travail est impressionnant: elles fournissent des soins gratuits, sans discrimination de religion, à un village de plus de 20.000 habitants. De la médecine traditionnelle (acuponcture et médecine par les plantes) à de la médecine conventionnelle, tout y est proposé. Des dons ont été faits grâce à l’ASBL afin qu’elles puissent recevoir du matériel de dentisterie et être formées aux différentes techniques (notamment la radio). Au-delà de ça, elles entretiennent aussi une superbe pépinière de plantes et dispensent aussi des cours aux jeunes du village. Ce sont de véritables dévotes et travailleuses qui font de petits miracles.

Congrégation des Soeurs Aimantes de la Croix, Cai Mon, Vinh Tranh, ville de Bên Tre, Vietnam / Pic by 1FDLE.

Donc je n’ai jamais fait ça ici mais sachez que le boulot de cette ASBL les aide directement et fortement. Les enfants ont un grand besoin de soins, surtout dentaires. Et leur travail est réel. Ces bonnes femmes n’arrêtent JAMAIS! Si vous voulez faire un geste, vers une ASBL sûre et où vous saurez que votre argent servira directement à l’amélioration de la santé des habitants du village de Cai Mon, vous pouvez faire un don sur le compte de l’ASBL AMEV: IBAN : BE86 3634 3188 3850 – BIC : BBRUBEBB . Vous en saurez plus en allant visiter leur site (un peu vieux, certes, mais bourrés d’images sur l’évolution du dispensaire de la Congrégation) mais sachez que l’ASBL a aussi aidé à opérer Thuy, une petite fille qui a été gravement blessée au visage et aux mains lors d’une explosion de gaz. Je l’ai vue lors de notre voyage, elle va très bien, entreprend de grandes études et a un joli visage qui lui permettra d’avoir une vie sociale. De mon côté, l’idée d’un jour y retourner pour aller y donner cours d’anglais, de français ou d’espagnol me tente fortement. On verra si je retrouve le budget d’abord… Une chose à la fois! Dans le vlog, j’ai filmé une partie de la Congrégation et ai volontairement évité de filmer les Soeurs qui étaient très discrètes et humbles. Je pense qu’elle n’aime pas être le centre de l’attention et je ne voulais pas perturber ça.

Nous sommes finalement revenus vers Saigon pour notre dernière nuit où j’ai emmené ma tante prendre un cocktail sur le rooftop de l’Hotel Majestic. J’ai été constamment mal à l’aise pendant le voyage quant à pas mal de choses, notamment le comportement de blanc colonialiste. Même si je ne comprends pas toujours tout dans ce pays (notamment le cruel manque d’éducation quant à l’écologie… Je ne pige pas comment le gouvernement n’agit pas plus en ce sens… Et pourtant, je ne suis pas une écolo extrémiste pour un balle…), j’ai toujours fait attention à ne pas imposer un comportement de touriste blanc. J’ai limité au plus les selfies, je ne me ruais pas sur les attrapes-touristes et préférais chercher des petits commerçants (même si le manque de temps dans chaque ville a rendu ça assez dur), j’ai essayé d’apprendre les politesses rudimentaires au mieux… Mais aller me prendre un cocktail dans un des plus beaux hôtels de Saigon lors de ma dernière nuit, ça, je voulais le faire! Et du coup, nous avons pu admirer le bateau le plus kitsch que j’ai pu voir dans toute ma vie:

Saigon, Vietnam / Pic by 1FDLE.

Pour le dernier jour, j’ai pu enfin visiter le Fine Arts Museum of Saigon qui se trouvait en face de notre hôtel et me narguait sans cesse. J’ai adoré! On y trouve de TOUT. De l’art supra-kitsch aux choses les plus fines. C’est en fait classé selon les grandes périodes historiques du Vietnam. Les bâtiments d’architecture franco-chinoise sont absolument magnifiques aussi. Je n’ai pu voir qu’un des 3 bâtisses-musée mais j’aurais vraiment aimé avoir le temps de voir le reste. Etant donné que je m’apprêtais à rentrer dans un avion pour les 14 à 20h à venir… J’ai préféré finir ma visite à la terrasse du café du musée avec un dernier café vietnamien.

Fine Arts Museum of Ho Chi Minh City, Vietnam / Pic by 1FDLE.

C’est là que se termine un peu abruptement mon vlog d’ailleurs. Je comptais le finir dans l’aéroport mais c’était sans compter sur le zèle d’un agent des douanes qui a trouvé ça assez drôle de faire ses contrôles tellement lentement qu’on a failli rater notre avion…

CE QUE JE RETIENS de ce voyage… C’est souvent ce qu’on me demande… Je dois vous expliquer que ce voyage n’était pas vraiment un voyage touristique comme j’ai toujours envisagé les autres. Ici, il a été décidé très rapidement et suite au décès de ma petite soeur quelques mois avant. J’ai pu me greffer à la dernière minute à celui qui s’organisait du côté de ma tante et mon oncle (du côté maternel oui… Ma mère belge a une soeur belge qui s’est aussi marié à un vietnamien. Imaginez ma confusion quand j’étais petite…). Un de mes cousins de ce côté n’avait pas encore vu le Vietnam et le voyage était organisé surtout pour que lui et sa famille puissent découvrir le pays dans son entièreté. Ce qui m’arrangeait puisque j’étais dans le même cas (merci à eux d’ailleurs pour leur accueil au sein de ce voyage pas très drôle pour moi… ). Sauf que… Bah… Suite à de gros soucis de mon côté avec ma famille vietnamienne, beaucoup de déceptions quant au comportement de beaucoup de vietnamiens expatriés… Je n’avais vraiment aucun intérêt personnel à visiter le Vietnam pour tout vous dire. Je l’ai surtout fait pour honorer la mémoire de ma soeur.

Donc j’y suis allée un peu avec les pieds de plomb et avec des choses à faire là-bas relatives au décès de ma soeur. Je n’y partais pas le sourire aux oreilles… Je suis eurasienne et contrairement à beaucoup de personnes fascinées par l’Asie, j’ai souffert des repas de famille obligatoires tous les dimanches où l’on parlait vietnamien sans jamais rien m’apprendre (ça s’appelle du rejet hebdomadaire au sein même de ta famille… Faut y aller ça quand même… Et en l’imposant en plus!), la TV à fond avec soit la messe, soit Paris By Night (un show chanté vietnamien cul-cul la praline où ça se languit d’amour à longueur de temps…), des plats dont on ne m’expliquait absolument rien, beaucoup de disputes de famille, des coups bas, des gens qui tiennent plus à garder la face qu’à mettre leur famille à l’abri, l’alcool et les vietnamiens… Bref, rien d’aussi magnifique que ce que les occidentaux amoureux de l’Asie peuvent imaginer. Mes grands-parents ont très peu parlé le français et je n’ai donc quasi eu aucune relation avec eux hormis l’obligation sans explication…

Là-bas, j’ai été à nouveau envahie par cette odeur de cuisine omniprésente (et pas celle des restaurants qu’on connaît ici), le bruit incessant, les gens qui parlent fort… Mais j’y ai découvert des vietnamiens beaucoup plus doux et moins vantards qu’en Belgique. Sans doute qu’il y a plus une culture de travailler pour survivre alors qu’ici, la réussite est d’une importance capitale (plus tu montres que tu es riche, mieux c’est… Même si t’es plein de dettes en vrai hein…). La propagande et la langue de bois sont toujours présents mais ça s’estompe et le capitalisme arrive à percer le gouvernement corrompu communiste. Les jeunes, malgré les nombreux filtres, sont beaucoup plus connectés et ouverts au monde aussi… C’est un beau pays à voir mais je n’apprécie pas ceux qui y vont sans réaliser qu’il y a toujours, aujourd’hui, des journalistes condamnés à mort (et exécutés) pour exercer leur droit à la libre expression, que le communisme corrompu n’est pas une politique du bien-être, que les vietnamiens vivent la plupart très pauvrement (un T-shirt à 10EUR de chez H&M, c’est un vêtement de luxe pour eux…). Quand vous voyez de superbes photos de paysages, sachez que le sol au pied du photographe est aussi jonché de déchets variés (dont énormément de fer et de plastique), quand vous voyez un bel immeuble colonialiste, sachez qu’ils construisent sans arrêt des hôtels qui poussent comme des champignons. Ils construisent sans faire attention à la nature du sol, à l’humidité, aux normes de sécurité pour eux-mêmes, etc. C’est un beau pays mais que le tourisme est en train de ronger de plus en plus en gâchant justement ce qui en fait son charme.

J’y ai mieux compris beaucoup de choses mais qui me sont personnelles. Juste en voyant la posture des vietnamiens, leur addiction malgré eux au bruit, les différences de gastronomie et de comportement entre le nord et le sud aussi… J’y ai vu des endroits magnifiques qui valent vraiment le détour au moins une fois dans sa vie. Mais, et je vais sans doute aller dans un chemin contraire de blogueuse à la con, je ne le conseillerais pas en tourisme. Tout simplement parce que c’est une activité qui devrait être mieux régulée afin que le pays ne se déforme pas dans le but de plier aux multiples voeux des touristes. Ils commencent à fonctionner en Air B&B et chambres d’hôtes. Ca va forcément induire une triste gentrification mais je pense que, si vous n’êtes pas un gros groupe (nous étions entre 8 et 10 avec des enfants, l’hôtel était donc nécessaire ici), il vaut mieux fonctionner via ces systèmes. Je dois vous avouer que ça me fend le coeur de vous le conseiller puisque ça devient un gros business aussi qui n’est pas plus « doux » que celui des hôtels… Mais bon…

Je suis une partisane de visiter en pays en l’embrassant pleinement, c’est-à-dire en étant aussi pleinement conscient de ses réels besoins, ses détresses et ses drames. Je ne suis pas bonne cliente lorsqu’il est question de poser en short devant un temple, lieu de recueillement, ou devant la statue d’un dictateur juste parce que c’est joli…  Du coup, si je devais vraiment conseiller un chouette système pour visiter le Vietnam, c’est en étant volontaire pour des projets là-bas. Je crois que c’est la plus belle façon de comprendre un pays pareil sans l’abîmer, de s’y fondre réellement, de revenir avec une vision réelle et non édulcorée du Vietnam. Si un jour, l’occasion m’est donnée d’y repartir, ça ne sera pas sans pouvoir les aider. Pas en imposant mon aide comme les colons français l’ont fait avant, mais en m’inscrivant dans un mouvement qui vient du pays, des habitants et en me fondant dans leur vie quotidienne. Allez, avec une petite pause pour revenir voir Hoi An et Huë quand même 🙂

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